j'ai une grande chance. mais doit-on réellement appeler ça une chance parce que la chance ça relève de la non normalité, or là je trouve ça assez normal mais bon, disons que j'ai une grande chance. la chance de n'avoir jamais été agressée. agression du genre qui te traumatise physiquement ou moralement, agression qui te mets réellement en danger.
ce qui ne veut pas dire qu'on ne m'a jamais sifflée, traitée de connasse, reluquée avec insistance. mais bon, tout ça ne me choque pas plus que ça. je ne m'insurge pas de ce genre de petit comportement à la con, je ne monte pas aux créneaux contre ces gars qui ont la discrétion d'un éléphant ou le tact d'un crocodile (oui, j'ai décidé que le crocodile n'était pas une bête de tact).
déjà, pourquoi spécialement "gars"? vous ne vous êtes jamais fait traité de connasse par une fille? parce que bon, on ne peut pas dire que la volaille qui traîne dans les transports en commun ait été élevée avec les livres de la comtesse de ségur... en quoi le connasse d'une poulette est moins agressant qu'une connesse d'un poulet? tant que ce n'est qu'un mot et qu'aucun acte physique ne le suit (de la part de la poulette ou du poulet d'ailleurs). évidemment, dans un monde de bisounours, on aurait tous des nuages roses au bout des lèvres et on se lancerait dans des courbettes d'excuses pour le moindre contact physique inhabituel.
en dehors de ça, il ne faut pas tout prendre mal (toujours dans le cadre où il n'y a pas plus que ça).
situation: une jupe un peu courte (ou un short peu importe pour autant qu'il y ait de la jambe nue qui en dépasse).
je croise un groupe d'ado, l'un d'eux me lance "il faudrait bronzer un peu hein, c'est pas joli des jambes blanches comme ça". devrais-je crier au racisme (parce qu'ils étaient d'origine étrangère)? devrais-je lui mettre ma main dans la tronche? boah non, je continue mon chemin. c'est un poulet qui fait le coq devant ses copains, ça les fait marrer, tant mieux pour eux et il a bien le droit de dire qu'il ne trouve pas les jambes blanches jolies.
toujours avec cette jupe courte, des regards un peu plus poussés qui glissent le long de ces jambes-là. ah ben vi, j'ai des jambes, 2, et elles vont jusqu'au sol, je les montre, ils ont bien le droit de regarder. comme le décolleté plongeant qui attire le regard vers mon superbe 85B. ben vi, j'ai des seins, 2 (et ils ne vont pas jusqu'au sol merci bien) et si j'en dévoile une partie, ils seront peut-être regardés. devrais-je crier au viol? parce qu'à côté de ces regards peu discrets, combien de regards discrets se seront promenés le long de mes jambes ou dans mon décolleté? (ça fait un peu fille qui se la pète là non?)
mais bon, comme je le disais en début de billet, j'ai la chance que tout ça se soit arrêté là pour moi. je n'ai jamais été coincée dans un coin par un gars qui me trouvait à son goût, je n'ai jamais été bousculée, on ne m'a jamais dit "je te violerais bien là tout de suite" d'un air menaçant.
rien ne sert de s'énerver dès qu'on est sifflée, abordée ou regardée. il y a du recul à prendre....
là dessus, une petite illustration (dont je ne connais pas l'auteur, si quelqu'un connaît la source qu'il me la donne pour que je mette le lien).
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